La figuration humaine désigne la représentation du corps humain. Elle tient un rôle essentiel dans l'histoire de la peinture. L'espace pictural renvoie au support mais également à tout ce qui peut se passer au sein de l'oeuvre, de la scène peinte jusqu'au delà du support, dans un échange entre intérieur et extérieur, dedans et dehors, l'oeuvre et le spectateur.
Ici, le dialogue entre figuration humaine et espace pictural se prolonge par des jeux d'assemblages. Assemblages de plusieurs formats, assemblages de plusieurs modèles, ou assemblages d'idées vont venir créer des effets de décalage, et mettre en route l'imagination du spectateur l'amenant à s'inventer des histoires.
Dès lors, ces peintures, à la manière des cadavres exquis des surréalistes, puisent leurs inspirations à la fois dans les pratiques modernes et contemporaines de l'assemblage, de l'accumulation et de l'installation, tout comme dans les procédés de narrations visuelles mise en place dans les polyptyques religieux à partir de la Renaissance.

A la croisee des arts
"Le 16 décembre 2021, Réseau‐Culture a organisé une soirée pluridisciplinaire au musée des Augustins : À la Croisée des Arts!
20 artistes ont ré‐interprété en live une des œuvres de l'exposition "Une délicieuse obscurité" de Théodule Ribot (visible au musée jusqu’au 10 janvier).
Ces artistes, de tout horizon : peinture, graffiti, spectacle vivant, tatouage… vous feront découvrir autrement l'œuvre de ce peintre du 19e siècle!
Vous pourrez donc venir admirer leurs ré-interprétations diverses et variées de l’univers clair‐obscur de Théodule Ribot, à La Passerelle, dans le Lieu d’Art, à partir du 7 janvier et pour une durée de 5 semaines.
Une braderie de livres d'art sera aussi proposée, dans la continuité du café livre d'art qui a été mis en place lors de la soirée À la Croisée des Arts."
Photographies et texte de Réseau Culture

Cette réinterprétation picturale reprend une démarche de l'artiste davantage qu'une oeuvre en particulier : la scène de genre. Théodule Ribot a réalisé plusieurs peintures, représentant des scènes plus ou moins modestes et triviales puisant directement dans son quotidien, son vécu, son entourage et témoignant par ricochet de son époque.
L'objectif de cette peinture était de reprendre cette démarche en puisant directement dans le contexte de la soirée "A la croisée des arts" qui s'est déroulée dans le cloître du musée des Augustins le 16 décembre dernier. Ainsi, des gardiennes du musée travaillant tous les jours dans ces lieux, ont été sollicitées pour prendre la pause. Protectrices des oeuvres, des expositions et garantes de l'accès à l'art, le rôle de la gardienne du musée, en apparence modeste et qui passe parfois inaperçue, est en réalité essentiel à la vie culturelle.
Dans cette réinterprétation, la référence aux oeuvres de Théodule Ribot se fait également par la technique picturale : le fond sombre permet de jouer sur les clairs/obscurs si chers à l'artiste, notamment du fait d'un éclairage à contre jour.
Historiquement, ce lieu de vie sacré qu'est le cloitre des Augustins avec ses gargouilles protectrices, entre en résonnance avec ces gardiennes de la culture et des arts, représentées par le biais de techniques archaïques de la création d'image que sont le dessin et la peinture.
